Baron Maurice Goldstein

 

La famille Goldstein quitte la Pologne pour Bruxelles en 1922, peu après la naissance de Maurice le 27 janvier, et s’installe rue de la Querelle. Maurice sera bientôt inscrit à la maternelle, rue Saint-Ghislain, 40.  En 1937, à l’âge de 15 ans, il doit, pour des raisons financières, quitter l’école. Il devient apprenti tailleur et suit en parallèle des cours du soir de comptabilité. Ses parents tiennent un petit magasin de sport rue des Tanneurs. Le 10 mai 1940, jour de l’invasion de la Belgique par l’Armée allemande, ils partent en France mais reviennent en septembre. En 1942, Maurice loue un appartement à proximité du siège de l’Association des Juifs en Belgique (AJB), boulevard du Midi, où il passe chaque matin pour y préparer des colis pour Malines.

Le 3 septembre 1943, il est arrêté lors de la seconde grande rafle[1], qui visait cette fois les Juifs de nationalité belge, avec ses parents et son frère aîné, rue des Tanneurs.  Ils sont déportés à Auschwitz via Malines, le 20 septembre, par le XXe convoi. Sa mère ainsi que sa femme, enceinte, y sont gazées à leur arrivée tandis qu’il est envoyé avec son frère – mais sans leur père – à Fürstengrube, à 40 km d’Auschwitz, pour travailler dans une mine de charbon. Il arrivera à se faire accepter en tant qu’« infirmier » à Auschwitz I. Le 19 janvier 1945, dans le block 21, il débute la rédaction d’un journal qu’il achève le 11 avril, jour de son retour à Bruxelles. Il est libéré par l’Armée rouge le 27 janvier 1945. Il s’avère rapidement être le seul survivant de sa famille. Il est décédé le 6 octobre 1996.

[1] Une première grande rafle ciblant les Juifs qui n’avaient pas la nationalité belge eut lieu dans la nuit du 3 au 4 septembre 1942.