La Maison des Tramwaymen

 


Situé au 18 rue du Poinçon, l’immeuble héberge, au tournant du XXe siècle, un négociant en cuirs et peausseries. En 1926, il est investi, grâce à un prêt des syndicats soviétiques, par le Syndicat des Tramwaymen. Des associations d’extrême gauche s’y installent également. Doté d’une imposante salle de réunion et d’un café, nombre de réfugiés ayant fui dans les années trente le nazisme s’y côtoient. Surveillé par la Sûreté publique, la police y opère, le 22 mai 1939, un contrôle d’identité. Sur les 106 personnes présentes, 24, en séjour illégal, sont « écrouées ». Le Syndicat poursuit son existence clandestinement durant la guerre. À la libération, les Comités de Lutte Syndicale (CLS) y organisent une conférence nationale tandis que des manifestations antifranquistes continuent à y être organisées. Des pièces de théâtre, dont une en yiddish, y sont interprétées. La Maison des Tramwaymen joua ainsi un rôle important dans l’histoire du quartier et de la ville, les ténors de la gauche syndicale, les amis des Républicains espagnols et nombre de réfugiés juifs s’y étant croisés sous les bannières de la solidarité, de l’engagement et de la résistance. L’immeuble est investi depuis mars 2009 par l’Espace Magh dont les activités s’imposent en une digne succession.

D.W.

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